Nyambé

Nyambé

 

 il y a sans doute beaucoup à dire, c’est vrai qu’il faut chercher les informations justes, ce qui n’est pas toujours évident. D’autant plus que pour beaucoup de personnes, il suffit qu’une chose soit dite et répétée pendant longtemps pour qu’elle soit « vraie ». On a l’impression que tout ce qui est dit depuis longtemps est forcément vrai. Or le plus important est le niveau d’honnêteté et le souci de vérité de ceux qui transmettent l’Histoire. Un peu comme si, quelqu’un subit une calomnie en 1900, et aujourd’hui, sous prétexte que ça fait plus de 100 ans que la calomnie a été dite, elle devient automatiquement vraie, comme si le temps qui passe transformait les mensonges en vérités…
Il y a beaucoup de mauvaise foi, on refuse délibérément de se poser les vrais bonnes questions.
Nyambé  (ou Njambe) signifie Dieu en duala. La traduction de la bible en duala a été achevée en 1872. Et le christianisme est arrivé au pays il y a un petit plus de150 ans, c'est-à-dire que c’est à ce moment là qu’on note les premières conversions effectives, où les personnes missionnées par les autorités ecclésiastiques de leur pays viennent s’installer dans notre pays avec pour but de christianiser tout le monde, des sortes de croisades.Mais contrairement à leur affirmation, ils n’ont pas trouvé une absence totale de religion, il leur fallait justifier leurs agissements souvent brutaux et ainsi cacher « l’inutilité » de leur mission, en effet la spiritualité est universelle. Une fois qu’on a décrété que les africains n’avait pas d’âme, il était beaucoup plus facile de les brutaliser sans remord. Donc je n’apprécie guère le fait que certains prétendent qu’avant d’être christianisés ou islamisés les africains était animistes. Que veut dire animiste ? Quelqu’un qui attribue une âme aux animaux, aux plantes et aux choses, mais comment quelqu’un qui n’a pas d’âme, donc qui ne sais pas ce que c’est, peut-il attribuer une âme à une chose ? Et comment quelque chose qui n’est pas connue peut-elle avoir un nom ? Contradiction.C’est ainsi que les Anglais par exemple se sont mis à détruire les pyramides trouvés au Zimbabwe («Grande Pierre » en langue Shona). On peut constater que la plupart des statues égyptiennes ayant des traits négroïdes ont le nez et la bouche cassés. Ils l’ont cassé pour dissimuler ces traits. Mais quand on falsifie l’Histoire, tôt ou tard, elle reprend ses droits.Au lieu d’admettre l’évidence, ils se sont plutôt attelés à faire oublier aux gens leur religion, leur culture, leur «Moi». La preuve, dans la traduction de la Bible en duala, ils ont bien pris soin de ne jamais mentionner le nom Nyambé, préférant Loba, qui signifie juste ciel (lobe) et par extension divinité (Loba). Ceci était dans le but d’effacer de la mémoire du peuple le nom de Nyambé, C’était en oubliant que jamais personne ne pourra effacer le nom de Nyambé.C’est maintenant à nous de réveiller ce qui est au fond de nous et qui a été brusquement endormi. Dans une vie ou une existence, on peut connaître des hauts et des bas, ce qui compte c’est de pouvoir se relever après la chute, c’est pourquoi il y a un chant « ngoso » pour les luttes traditionnelles « besua » : o m’ala te jana besua, o si bwa ngudi bongo, ngum te e ma ko » (quand tu vas lutter, n’aies pas peur de l’effort, car tout champion tombe un jour) L’écriture hébraïque se transcrivait sans voyelle à l’époque, et donc YHWH a été décliné soit par YaHWeH, soit par YeHoWaH. Le rapport que cela a avec Nyambé est que ça désigne Dieu. Et d’ailleurs beaucoup de peuples bantu désignent Dieu de cette façon là (Nyambé, Nyambe, Nzambe, Nzambi, Nyame, Zambe, etc…) Ces peuples sont descendants des égyptiens anciens.Les hébreux ont séjourné en Egypte, et c’est normal qu’il y ait des similitudes entre leur culture et celles qui sont issues de l’Egypte, et la Civilisation Egyptienne Antique était très avancée spirituellement. Quand on vit dans un pays des siècles durant, on emprunte obligatoirement des mots à la langue locale, et on s’imprègne de la culture, et il y a échange. En hébreu, kham = chaud (sûrement pays où il fait chaud), et kar = froid. D’aucuns affirment que les hébreux ont puisé les sources de leur religion, par Moïse, dans le monothéisme d’Akhénaton, ou les traditions ésotériques égyptiennes, mais là n’est pas le débat.D’autres affirment également que Moïse (Mo ISIS) était Egyptien (kamit), et neveu de Ramsès II, il a grandit dans la cour des pharaons, en tout cas les Egyptiens Anciens affirmaient qu’il était un des leurs mais qui a lutté pour la cause des Hébreux. Par contre ces derniers eux, affirment qu’il était hébreu de la tribu le Levy, fils de Amran et de Jochebeth/Jochebed, qu’il était le frère de Miriam et Aaron, et qu’il a été élevé par les Egyptiens qui l’ont retrouvé dans un panier, dans l’eau, et qu’il n’a appris ses origines qu’étant adulte. Et dans la Bible, on apprend que Moïse a bel et bien été élevé en Egypte. Ses supérieurs lui auraient confié la responsabilité des hébreux, un peu comme un ministre. Le philosophe français Edouard Schuré, dans son livre Les Grands Initiés, affirme qu’à propos des origines de Moïse la source égyptienne est beaucoup plus fiable, en effet « les Egyptiens n’avaient aucun intérêt à faire croire aux Romain, aux Gentils (Grecs), et aux autres peuples de l’époque que Moïse était un des leur, par contre les juifs eux avaient besoin que le fondateur de leur unité leur soit un parent par le sang ».
« Avant l'arrivee de la bible au Cameroun, l'homme douala nommait le Dieu supreme createur de toutes choses par quel nom ? »Et bien, il l’appelait Nyambé /Njambe, comme expliqué plus haut. Et le mot Njambe vient de la phrase « Nja nu be ? » (Qui est ?), ou « IL EST CELUI QUI EST », les affirmations sont dites sous forme de question, quand la réponse n’est pas palpable, ou lorsqu’on ne peut expliquer pourquoi c’est comme ça. Par contraction : « nja’n bè » , puis « Njambè », le n ne pouvant être devant le b c’est le son m qui le remplace, dans la langue, on a le mb, et pas le nb. Le verbe be (être) vient de ba, l’âme en langue égyptienne pharaonique. La religion de notre peuple est le Nyambéisme.Nyambé ña Kwa’ Dibenga : le Dieu de la Justice Eternelle.Nyamb’Eweka : Dieu le Créateur. (Nyambé ña Eweka = Dieu de la Création)Njamb’a Inono : Dieu Eternel (Njambe ña Inono)Dibenga : l’Eternité, ça vient du verbe benga : être toujours, ne jamais cesser d’être.
Le nom propre Ebengè (ébénguè) porté par certains vient également de ce verbe. Il y a une certaine confusion chez beaucoup, qui, voulant rejeter les mensonges et calomnies subies, finissent par rejeter la religion. Cela provoque des manifestations de colère contre la « religion importée ». Les blessures ont mal cicatrisées, vu la façon dont les gens ont été convertis, par exemple les Djihads en Afrique occidentale.Or, ceux qui sont du même côté, et qui défendent les mêmes valeurs ne se combattent pas, ou ne devraient pas. La raison pour laquelle ceux qui prétendaient répandre la parole de Dieu au monde ont combattu Nyambé est évidente. Et les combats de religions sont malheureusement toujours d’actualité. Dieu s’adresse à tous les peuples qui cherchent sa voix, et n’aiment pas moins les uns que les autres. Combattre la spiritualité ne mène nulle part, cela détruit profondément au contraire, car au de là corps physique, palpable, on a une Âme (Mudî), un Esprit (Edî), non palpable; on nourrît son corps physique avec des aliments. La spiritualité est importante pour nourrir l’autre Soi. Il faut aller au de là de la forme, et voir le fond, car la plupart du temps, tout est dit en parabole, présenté en symboles. On explique les choses de façon simple, pour être accessible à tous, un peu comme pour expliquer le cycle de l’eau, la pluie à un enfant, on ne vas pas lui parler des règles les plus compliquées de la physique, on lui dira simplement que, quand on met une marmite d’eau au feu, l’eau monte sous forme de vapeur et se condense (« nuage ») au niveau du couvercle (« ciel »), et au bout d’un moment, quand on ouvre la marmite, les gouttes d’eau tombent du couvercle comme de la pluie. Il y a toujours eu la nécessité d’adapter le langage selon le niveau de compréhension de celui à qui ont s’adresse, et selon aussi sa capacité de savoir transmettre.Par exemple, le principe de Jésus fils de Dieu dans le Christianisme peut le retrouver chez nous, sous une autre forme:
Jeki la Njambe Inono : le héros Jèki, fils du Dieu EternelIl est Epasibongo-pasimoto, soit Epasi ebongo (moitié arbre) Epasi Moto (moitié Homme), vous avez peut être entendu parler de l’épas’a moto…Jeki est né avec beaucoup d’attributs magiques, tous les éléments nécessaires pour traverser les épreuves qui l’attendent au cours de sa vie, et il est dit qu’il reviendra accomplir la justice de Nyambé. Jeki est donc le symbole de cette justice, son représentant, il l’incarne. Et l’arbre de justice est le KWA, qui est la déclinaison de Dieu, en tant que justicier.On pourrait aussi voir que d’après la Bible, Jésus a été crucifié, sur une croix qui était sûrement en bois, donc issu de l’arbre : un Homme sur une Croix en Bois. Et il est dit qu’il reviendra JUGER, on a donc bien là aussi la notion de justice du père représentée par le fils.Dans les épopées qui sont racontées ou perçues comme « légendes » par certains, surement à cause du registre fantastique, il est dit que Nyambé fait subir à Jèki des épreuves toutes aussi difficiles et terrifiantes les unes que les autres, mais auxquelles Jèki s’en sort toujours vainqueur. Et la justice de KWA est perçue comme brutale, donc à craindre. On peut également établir un parallèle avec l’épreuve ultime que subit Jésus, à savoir la mort par crucifixion. Dans nos tribunaux traditionnels, on utilisait l’écorce râpée de l’arbre KWA, toutes les personnes accusées devait humer de la poudre de KWA, et seul le coupable éternuait en premier, c’était une sorte de détecteur de mensonge. De même le principe de Marie, la Mère, peut se retrouver chez nous, avec Ise (lire Issè), la mère de Jeki la Njambe Inono, elle est la déesse de la Terre, on l’appelle aussi  Sa /So : elle  représente le Savoir, l’Ingéniosité, l’Intelligence, la Culture, la Connaissance. C'est d'elle que viennent par exemple les verbes So : trouver, découvrir, détecter ; Sa : semer, cultiver, labourer ; waSa : chercher ; waSele : explorer. Etant la créativité et l'art, signifie aussi danser. Or Ise est également justicière, donc Sa renvoie à blamer, réprimander ; en effet, la justice enfante la justice. Chez nous la vie fonctionne par cycles (mudio bebe bebe=des marées et des marées... hautes et  basses). Et comme la terre contient l’Homme en son sein, durant son « séjour » ; c’est ainsi que la mère nous porte en elle jusqu’à ce que l’on naisse. Tout ce qui a une forme sphérique (rondeur) est le plus souvent féminisé, la Terre est perçue comme une Mère, c’est celle qui nous nourrit, qui nous abrite, qui nous porte le temps d’un « séjour ». Toute femme a une part de Ise en elle, dans le sens où elle peut porter la vie ; en égyptien ancien Mut signifie : deésse mère, et en duala Muto signifie femme. Si : planète ; WaSe (lire wassé) : la planète terre, le sol, les autres planètes ont un nom précis. La planète Mars par exemple est appelée Kwa. Mise est un pluriel de Ise, et renvoie également à la notion de terre. Certains portent ce nom.Etume c’est le soleil levant (évoque le masculin). Etant donné la très grande distance entre le soleil (wei) et la terre, il est perçu comme inaccessible, et tout ce qui est éloigné prend le nom de etum, ça correspond au nom du Dieu Solaire égyptien Atum ; Enange c’est le soleil couchant (qui renvoie au féminin), son nom provient du verbe nanga, se coucher, et beaucoup de filles portent ce nom.Beaucoup de termes courants de notre langue sont issus de la Religion/Spiritualité. Et nous avons beaucoup d’apocopes, c'est-à-dire des mots coupés puis recollés pour en faire d’autres mots, ou alors des phrases contractées pour donner des mots, si on étudiait les autres langues on aurait surement le même résultat.Par exemple, pour parler de "ton frère", on dit « munañongo », pluriel « bonañongo», et non « banañongo » et pourtant le pluriel de muna c’est bien bana. En fait ce mot munañongo est une somme de pluieurs mots : c’est «  muna iñi ango » enfant de ta mère, soit muna (enfant) iñi (mère) ango (à toi). Iñi ango a été contracté en iñiongo = iñongo = ñongo. La vie est perçue comme un séjour : « longe ». Que veut dire ce mot au juste ? Longe vient de LO + NGE.Lo : article ou le préfixe; Nge : existence provisoire, être encore, être pour le moment Ce radical se retrouve dans les mots comme « mwěnge », l’enfant qui vient de naître, quand il peut percevoir encore beaucoup de choses, dès que l’enfant perd ses facultés là, en grandissant un peu plus, on l’appelle simplement muna, « les perceptions » des enfants s’estompent avec le temps, car n’étant plus entretenues. Dans d’autre langue, pour désigner le « petit » enfant, on dit mange, ( man + ngè) et quand on dit qu’une chose « nge » ça veut que cette chose est pour le moment.