NGONDO 2010 " FESTIVITES DE YAOUNDE"



L
e week-end dernier, le peuple Sawa de Yaoundé a vibré au rythme de la première partie du Ngondo  2010. «Titimbè », la persévérance, en français est le thème de cette 4ème édition. Cela faisait longtemps qu’on n’avait plus parlé du fameux lac municipal de Yaoundé. En dehors de ces histoires relatives aux interminables cas d’agressions enregistrés au quotidien, auxquelles se greffait la liste de véhicules qui y ont finit leur course, le vieux lac était resté l’ombre de lui-même. C’est-à-dire abandonné, répugnant et plus que jamais redouté. Bref, envahi par les algues et autre impuretés, l’étendue d’eau n’attirait plus personne avec sa couleur verte. Dieu merci, la communauté Sawa de Yaoundé, le temps d’une demi-journée, a redonné vie à ce lac, notamment à travers la grande parade nautique qui s’y est déroulée samedi 11 septembre 2010, dans le cadre de la célébration de la première partie du festival culturel Sawa baptisé NGONDO

A l’occasion, les fils et filles Sawa, au même titre que de nombreux invités et curieux ont pris part à cette véritable exhibition de la culture Sawa. Une affluence due à l’envie de voir tomber le mythe qui entourait ce lac. Trois pirogues étaient au départ de cette course  au cours de laquelle les pagaies ont rivalisé de puissance et d’adresse. Les piroguiers ont dû, bon an, mal an, résisté aux odeurs fétides avant de franchir la ligne d’arrivée. Des dispositions apprend-on, ont été prises au préalable pour associer à l’événement Sa Majesté Atangana Marie Thérèse épouse Assiga, chef supérieur des Ewondo et des Bene. On parlait alors de « demander aux génies du Lac d’être hospitaliers ».

Identité culturelle

Parce que la réflexion guide chacune des festivités du Ngondo comme l’expliquait Louis Roger Manga, SG du Ngondo-Yaoundé pendant le point de presse que le comité d’organisation a donné jeudi 09 septembre 2010, une conférence débat sur le thème « l’apport culturel des Sawa dans le Cameroun du 21ème siècle » a eu lieu vendredi 10 septembre à 17h. Autour du Pr. Ebénézer Njoh Mouelle, Nicole Ndoko, vice-recteur de l’Université de Douala, l’anthropologue Pr. Mbonji Edjenguele et le Révérend pasteur Priso Moungole vice-président de l’Eglise évangélique du Cameroun (EEC). Ces éminences grises on en effet planché sur l’urgence de redéfinir le concept de l’identité culturelle incluant le facteur historique, linguistique et psychologique à l’aube du 21ème siècle. La journée du samedi 11 septembre a été également marquée par l’installation du bureau du Ngondo Yaoundé, suivi des jeux et des sports Sawa pour les jeunes.

Quelques heures après, le rideau s’est ouvert au palais polyvalent des sports sur une foire artistique et culturelle. Les visiteurs ont donc eu le loisir de contempler les expositions d’objets d’art et de sculptures Sawa. Ainsi que des expositions photo, retraçant la grande histoire du peuple Sawa et montrant ses principales figures de proue. Autres articulations et non des moindres : une foire gastronomique et une foire artisanale et commerciale mettant en vitrine la riche et diversifiée culture Sawa.

Une soirée culturelle a été donnée le 11 septembre avec comme artistes Sawa de renom Hugo Nyame, Louise Nseke, Ngoye Jeca et Germaine Ebelle. Bien avant, en matinée, un défilé des associations et groupes culturels Sawa a eu lieu dans les artères de la ville aux sept collines. La marche est partie du Carrefour Pakita (Mvog-Ada) jusqu’au lac municipal  suscitant au passage la curiosité des populations riveraines. Au rang des invités, Michel Zoah, ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep), Grégoire Owona, ministre délégué à la présidence chargé des Relations avec les assemblées aux côtés du président du Ngondo, le prince Douala Manga Bell et de plusieurs autres autorités administratives.
 
Les activités de Yaoundé sont donc le prélude du Ngondo festif qui va se dérouler de la dernière semaine du mois de novembre à la fin de la première semaine de décembre sur les berges du Wouri à Douala.