LE NGONDO EN CROISIERE AU LAC MUNICIPAL DE YAOUNDE

Le Ngondo en croisière sur le lac municipal de Yaoundé La grande parade culturelle des Sawa s’ouvre ce vendredi 10 septembre dans la capitale, avant le clou de décembre prochain à Douala. Doit-on parler publiquement au nom des Sawa sans son pagne, habillé en veste et cravate de surcroît ? La question, telle une flèche, a été décochée à Henri Manga. C’est rondement moulé dans un impeccable trois pièces, à rendre rouges de jalousie les couturiers de Sarkozy, que le président de la commission culturelle du Ngondo de Yaoundé est apparu ce jeudi à la Croix Rouge de Yaoundé. C’était à l’occasion d’une conférence de presse relative aux festivités du Ngondo, dans la ville siège des institutions républicaines. Réponse du berger à la bergère: « Que choisirez-vous entre l’être et le paraître ? Moi, j’opte pour l’être. C’est à mes yeux l’essentiel. J’aurai pu me présenter ici en pagne, mais si je ne pense pas Sawa à quoi bon ? Les gens, les jeunes en particulier, doivent se désintéresser du paraître au profit de l’être. C’est ça l’essence de tout africain, fier de sa race et de son histoire ». Ambiance… A compter de ce vendredi et ce jusqu’au dimanche 12 septembre, le Ngondo s’offre une répétition générale à Yaoundé. « TiITIBE », la persévérance, en français est le thème de la présente édition. La 300ème du genre, selon les organisateurs. Le rideau s’ouvre demain au palais polyvalent des sports par une foire artistique et culturelle. Le choix de la capitale politique, à en croire le communicateur de légende Richard Antoine Lobé, réside dans la volonté de la communauté Sawa de Yaoundé d’en être l’hôte. En effet, le 11 septembre, le bureau national du Ngondo conduit par sa majesté Douala Manga Bell échangera avec la communauté Sawa de Yaoundé. Avec pour épilogue, l’installation du bureau de Yaoundé. Les visiteurs du Palais des Sports pourront à loisir contempler les expositions d’objets d’arts et de sculptures Sawa. Des expositions photo, retraçant la grande histoire du peuple Sawa et montrant ses principales figures de proue, enrichiront la curiosité des jeunes générations. Autres articulations d’importance : une foire gastronomique est offerte. Les gourmets au palais délicat s’en retourneront satisfaits. Tout à côté, des stands (foire artisanale et commerciale) attendent d’être assaillis par un public fin connaisseur. Une soirée culturelle sera donnée le 11 au soir avec comme artiste Sawa de renom Hugo Nyame, Ngoye Jeca et Germaine Ebele. « Parce que la réflexion, guide chacune des festivités du Ngondo, explique Louis Roger Manga, Sg du Ngondo-Yaoundé, une conférence débat sur le thème L’apport culturel des Sawa dans le Cameroun du 21ème siècle est prévue le vendredi 10 septembre à 17h ». Le Pr. Ebénézer Njoh Mouelle (que l’on ne présente plus) croisera le fer avec Nicole Ndoko, vice-recteur de l’université de Douala, l’anthropologue Mbonji Edjenguele et l’inénarrable Révérend pasteur Priso Moungole de l’église évangélique du Cameroun. Une autre joute oratoire le samedi suivant, sur le thème Le Ngondo, les Sawa, l’indépendance et la réunification, fera entendre les points de vue du Pr. Abwa, ancien doyen de la Flsh de Yaoundé, de l’historien philosophe Kangue Ewane, d’Henri Manga et de l’énorme Njoh Mouelle. Bien avant en matinée, un défilé des associations et groupes culturels Sawa partira de Paquita (Mvog-Ada) au lac municipal. Lac dont les eaux sont appelées à supporter avec fair-play les coups de pagaies des piroguiers Sawa, à l’occasion d’une parade nautique. « Nous avons pris des dispositions pour associer à l’événement Sa Majesté Atangana Marie Thérèse épouse Assiga, chef supérieur des Ewondo et des Bene. Nous n’allions tout de même pas venir à Yaoundé et en faire à notre tête. Sa Majesté Assiga demandera aux génies du Lac de nous être hospitaliers», sourira Louis Roger Manga Le problème Sawa « Jadis, explique le prince Manga Bell, les Sawa ont vécu dans un environnement-village. Aujourd’hui, ils se retrouvent au cœur de la modernité. Douala est devenue une métropole cosmopolite. Et le Sawa doit composer avec d’autres communautés humaines. Les défis qui l’interpellent (à savoir la globalisation, l’urbanisation, la criminalité, la pauvreté…) sont d’ordre général. Existe-t-il une solution Sawa ? Je dis non ! La réponse, à l’image de la taille du problème, doit être généralisée. Le Ngondo, à chaque fois, s’insurge contre des dérives modernes, telle l’homosexualité ». C’est quoi un Sawa ? D’après les conférenciers est Sawa toute personne qui se définit comme tel. Le Ngondo, une secte ? «Non ! Dément énergiquement le prince René Manga Bell. C’est une association qui regroupe tous les Sawa et s’intéresse des questions économiques, politiques, sociales ou mystico-réligieuse ». Dimanche 12. Un culte oecuménique au temple Uebc mettra fin aux festivités. Amen ! © Correspondance : Thierry Djoussi Camer.be ------------------------------------------ Ngondo - Yaoundé ouvre le bal 13 Septembre 2010, Cameroon Tribune Trois jours de manifestations en prélude à la fête annuelle du peuple sawa se sont clôturés hier. Un week-end aux couleurs et saveurs sawa. C´est ce qui ressort du prélude au Ngondo 2010 organisé à Yaoundé cette année, après Montréal au Canada l´an dernier. Le public de la capitale a eu droit à un avant-goût de l´assemblée culturelle et festive annuelle de ce peuple côtier dont le final est prévu durant la première semaine de décembre à Douala. L´événement s´est ouvert vendredi avec des expositions de la foire artistique et culturelle au palais des sports de Yaoundé. Une conférence sur l´apport culturel sawa dans le Cameroun du 21e siècle a suivi en soirée, avec comme intervenants d´éminents fils et filles sawa, comme modérateur, Ebenezer Njoh Mouelle. Le révérend Priso Moungole, vice-président de l´Eglise évangélique du Cameroun, a pris la parole en premier pour observer que bien d´éléments de la culture camerounaise tels que le poisson « braisé », le « Kaba », le « Makossa »... sont dus aux Sawa dont les fils sont aussi réputés pour leur noblesse. Nicole-Ndoko, vice-recteur de l´université de Douala, a énuméré d´autres valeurs en signalant que les femmes sawa sont pionnières dans de nombreux métiers comme la pharmacie ou l´éducation. Le journaliste Peter Essoka a parlé de la contribution de la langue sawa dans l´évangélisation des peuples camerounais, entre autres. Le clou de ces journées culturelles placées sous le signe des cinquantenaires de l´indépendance et de la réunification aura été la parade nautique au lac municipal. Une compétition qui a vu la victoire de Ewodi Junior devant Aigle du Wouri, Nkam Nkam et Ngando´Abolo, en présence du président du Ngondo, le prince René Douala Manga Bell, de Laurent Esso, Michel Zoah William Aurélien Eteki Mboumoua et bien d´autres personnalités. Cette parade a été précédée par un défilé de la caravane entre Mvog-Ada et le centre ville, et suivie de l´ouverture solennelle de Ngondo Yaoundé 2010 au palais des Sports. Au cours de cette dernière cérémonie, le site du Ngondo d´une superficie de 5000 m ´ à la vallée Bessengue à Douala, offert par le président de la République, a été présenté, et le bureau du Ngondo de Yaoundé, installé. Une autre conférence, sur le thème le Ngondo, « les Sawa, l´indépendance et la réunification » a eu lieu à 17 h. Et vers 21h, une seconde soirée culturelle, après celle de la veille, a permis de présenter la culture sawa à travers chants et danses. Les organisateurs en ont profité pour présenter l´historique du Ngondo et remercier le chef de l´Etat pour son geste. Hier, l´événement s´est clôturé par un culte oecuménique au temple de l´Union des églises baptistes du Cameroun (UEBC) et une collation au Cercle municipal. ------------------------------------------------ La pirogue Sawa embarque à Yaoundé 13 Septembre 2010. le jour Les festivités en prélude à la célébration de la fête traditionnelle du peuple de la côte se sont déroulées ce week-end dans la capitale. Fier d’être Sawa! Pas besoin qu’ils vous le disent pour le percevoir. Ça sautait presqu’à l’œil. Il n’y avait qu’à les voir dans leurs tenues traditionnelles et leur démarche, le 12 septembre 2010 au palais des sports de Yaoundé. L’occasion a été donnée aux filles et fils Sawa (ressortissants de la côte, de Campo à Mamfé, en passant par Douala) de Yaoundé de célébrer à leur façon le Ngondo, l’Assemblée traditionnelle du peuple Sawa. En fait, il s’est agi du prélude au Ngondo 2010, qui se tiendra effectivement à Douala les 4, 5 et 6 décembre 2010. Mais avant, la capitale a tenu à refaire découvrir quelques aspects majeurs des us et coutumes Sawa, sous le regard bienveillant de sa majesté René Douala Manga, président en exercice du Ngondo. Courses des pirogues et danses traditionnelles étaient au programme. La parade nautique qui a eu lieu au lac municipal, a permis aux curieux d’avoir une idée sur ce qui se fait généralement sur les berges du Wouri. L’essentiel étant de montrer la relation particulière que les Sawa entretiennent avec l’eau. Autre chose à laquelle les Sawa sont attachés, ce sont leurs danses et leurs musiques. Lors de la soirée culturelle samedi dernier, les groupes Mulema m’ebele, Masoso ma Nyambe et Ambas bey ont fait bouger le public, respectivement avec de l’esewe, le bolobo et l’ambass bey, trois rythmes traditionnels sawa. Michel Zoa, le ministre des Sports, aux côtés des élites sawa, ne s’est visiblement pas ennuyé, esquissant de grands sourires de satisfaction. Un peu de makossa à côté n’a fait de mal à personne. Surtout lorsque Hugo Nyame a demandé «Pardon [à] madame ». Un invité s’est alors exclamé: «On sent que c’est la fête des Douala». Car l’assistance récitait les paroles de la chanson. Lors de cette quatrième édition du Ngondo à Yaoundé (après 1998, 2001et 2003), la réflexion a aussi occupé une place de choix. Notamment, «le Ngondo, les Sawa, l’indépendance et la réunification», thème autour duquel il a été question de montrer la contribution des Sawa à l’accession à l’indépendance et la réunification du Cameroun à travers l’engagement et le patriotisme de Rudolph Douala Manga Bell. Mieux encore, le président du Ngondo et les chefs traditionnels qui ont fait le déplacement, sont venus remettre transmettre un important message à ceux des leurs qui sont à Yaoundé : «Titimbè», c’est-à-dire persévérant. C’est le thème du Ngondo de cette année, à travers lequel chaque enfant Sawa est invité à être courageux.
Eitel Elessa Mbassi (stagiaire) " LE PEUPLE SAWA "